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Carnet d'entretien : ce que le décret n°2001-477 exige vraiment

Publié le 8 septembre 2026 — par Vincent Jouglard

Une loi qui oblige, un décret qui précise

L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 impose au syndic de tenir un carnet d'entretien, comme détaillé dans notre premier article sur cette obligation. Mais la loi ne dit pas, en elle-même, ce que ce carnet doit contenir précisément. C'est le rôle du décret n°2001-477 du 30 mai 2001, pris pour l'application de cet article, qui fixe la liste des informations attendues.

En pratique, c'est ce décret qui transforme une obligation de principe en une checklist vérifiable - et c'est aussi ce qui rend un carnet facile à évaluer objectivement : soit une information y figure, soit elle n'y figure pas.

Ce que le décret attend, concrètement

Le carnet d'entretien doit notamment permettre d'identifier :

  • l'immeuble lui-même et le syndic actuellement en exercice ;
  • les contrats d'assurance souscrits par le syndicat des copropriétaires, avec l'assureur concerné ;
  • les contrats d'entretien et de maintenance des équipements communs (ascenseur, chauffage collectif...), avec le prestataire qui les exécute ;
  • les travaux importants réalisés sur le bâtiment, avec leur nature, leur date et l'entreprise qui les a menés - en particulier ceux touchant la structure, le clos et le couvert, la plomberie ou les ravalements ;
  • les marchés de travaux en cours et leurs échéances prévues.

Ce n'est pas une liste décorative. Chaque ligne manquante est une question à laquelle le syndic ne pourra pas répondre le jour où on la lui posera - un acquéreur en cours de vente, un expert après un sinistre, ou simplement un copropriétaire qui s'interroge sur l'état réel de son immeuble.

Une checklist, jamais une certification

C'est le point sur lequel nous sommes le plus stricts : un contrôle de complétude du carnet d'entretien - qu'il soit fait à la main ou assisté par un outil - ne peut jamais dire qu'un carnet est "conforme". Il peut seulement signaler qu'une catégorie attendue par le décret semble absente ou incomplète dans le document fourni.

La nuance compte juridiquement : la responsabilité de la tenue du carnet reste entièrement celle du syndic, au titre de l'article 18. Un contrôle de complétude est une aide à la relecture, pas une décharge de responsabilité. C'est pour cette raison que Carnet+ parle toujours de "contrôle de complétude assisté par IA", jamais de conformité, et que chaque anomalie détectée doit être validée par le syndic avant d'être intégrée au carnet.

Comment Carnet+ aide à repérer les manques

Un syndic qui tient déjà un carnet d'entretien - le plus souvent en PDF, reconstitué au fil des années - peut le téléverser sur Carnet+. Le contenu est extrait et comparé aux catégories attendues par le décret n°2001-477, article par article, et une checklist de complétude est produite avec les anomalies repérées : une échéance de contrat dépassée, des travaux sans entreprise nommée, ou une catégorie entièrement absente du document.

Rien n'est intégré automatiquement au carnet vivant de l'immeuble : le syndic relit chaque ligne extraite, corrige ce qui doit l'être, et valide avant toute écriture. La même checklist reste ensuite disponible en continu sur la fiche de l'immeuble, recalculée à chaque consultation à partir du carnet réel - pas seulement au moment d'un import ponctuel.

Vincent Jouglard

Fondateur de Carnet+.